Après la déroute 7-0 des Étalons face à l’Argentine, le président de la transition Ibrahim Traoré lance la « Ligue de la souveraineté ». Le projet promet près de 1 000 emplois et 200 000 FCFA mensuels aux joueurs retenus.
La « Ligue de la souveraineté » est officielle. Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, a officialisé la création d’un nouveau championnat destiné à refonder le football national, selon Africanews et leFaso.net. Le projet promet près de 1 000 emplois et garantit un salaire minimum de 200 000 FCFA mensuels, soit environ 342 dollars, avec une couverture sociale pour chaque athlète retenu (leFaso.net, African Initiative).
L’annonce intervient après la déroute 7-0 subie début octobre par les Étalons face à l’Argentine, que le chef de l’État a qualifiée de signe d’un football « malade » (Afrik-Foot). Pour porter le projet, il a réuni les gouverneurs régionaux, des responsables d’organisations sportives et d’anciens internationaux, dont Charles Kaboré, ancien capitaine des Étalons et ambassadeur pour le sport, Alain Traoré et Adama Guira (leFaso.net).
Des régions, de l’identité et un salaire garanti
Devant son auditoire, Ibrahim Traoré a défendu une idée : « Il faut impliquer les régions parce que nous avons décidé de donner de l’identité à notre sport. Et la compétition se crée aussi ainsi. » Les gouverneurs sont impliqués dans le recrutement des entraîneurs et l’encadrement des sélections régionales, selon TV5Monde. Le transport des équipes dans les zones à sécurité difficile sera assuré sous escorte et appui de l’armée burkinabè, d’après Burkina 24.
Le financement doit s’appuyer sur le secteur privé. Le président a appelé les entreprises à soutenir le tournoi, qualifiant la participation des régions de « volontaire mais obligatoire » (Alwihda Info).
« La Fédération ne fait quasiment rien »
La charge contre les instances nationales est directe. Selon Afrik-Foot, le chef de l’État a dénoncé l’inaction des fédérations sportives, alors que l’État prend en charge primes, transports et subventions des clubs, sans droit de regard. « Quand on parle de football, c’est l’État qui fait presque tout. Le déplacement, les primes de sélection, de matchs, de victoire… C’est l’État qui paye tout. Même les supporters. Ce sont des milliards injectés. À l’intérieur, ce sont des subventions vis-à-vis des clubs. Donc la Fédération ne fait quasiment rien. »
Un risque d’ingérence sous surveillance
L’implication des gouverneurs pour recruter des coachs et encadrer des sélections régionales fait planer le risque d’une sanction internationale, relève TV5Monde. La CAF et la FIFA surveillent de près ce projet, susceptible d’enfreindre les statuts qui interdisent l’ingérence politique dans le football (Afrik-Foot, Senegal24news).
Senegal24news évoque aussi des risques formels de suspension de l’équipe nationale en cas d’atteinte avérée à l’autonomie de la fédération. Il ne s’agit pour l’heure que d’hypothèses médiatiques, aucune procédure n’ayant été annoncée. Les comités régionaux de recrutement des entraîneurs et des effectifs de la Ligue de la souveraineté restent à mettre en place, et une réaction officielle du comité d’urgence de la CAF et de la FIFA sur le respect des statuts de la Fédération burkinabè est attendue.